Etre à la tête du troisième groupe mondial de transport maritime pour vous c’est …
Jacques Saadé : Une
vraie fierté personnelle, bien sûr ; mais, aussi et surtout, un succès
collectif. C’est le fruit d’une certaine vision du métier et du
commerce mondial, partagée avec une équipe, depuis maintenant près de
trente ans. Mais ce classement, en lui-même, n’est qu’un indicateur
partiel. L’essentiel, aujourd’hui, est d’être un acteur global ;
c’est-à-dire d’offrir, d’une part, une couverture parfaitement mondiale
; d’autre part, d’être « multiservice ». Je veux dire acteur à la fois
du maritime, du fluvial, du routier et du rail.
Que vous inspire le mot « globalisation » (des échanges) ?
Jacques
Saadé :La globalisation des échanges a été rendue possible par le
transport maritime, vecteur essentiel de la croissance du commerce
international. 80 % des échanges mondiaux se font, aujourd’hui, par
voie de mer. Rappelons que c’est le mode de transport le moins polluant
et le moins consommateur d'énergie. Depuis 1980, son taux de croissance
annuel moyen est de 9% en volume. Cette progression régulière devrait
se poursuivre en raison de la mondialisation croissante des échanges.
La
globalisation pour CMA CGM passe également, je le disais, par le
développement vertical : il s’agit de maîtriser toute la chaîne
logistique pour transporter la marchandise depuis l’usine jusqu’au
client final. Nous sommes en train d’acquérir cette dimension. Cette
dynamique s’opère autour de ce qui reste notre métier principal : le
transport maritime de conteneurs.
Un des axes fort du
développement de votre entreprise passe par l’Asie et, notamment, la
Chine pour le transport conteneurisé. Vous êtes vous mis au mandarin ?
Jacques
Saadé : Je n’en ai pas encore eu l’occasion mais il est vrai que le
Groupe CMA CGM a été, à cet égard, un des pionniers en étant parmi les
tout premiers à s’implanter en Chine, au début des années 90 : Nous
comptons aujourd’hui 62 agences dans le pays et disposons, par là-même,
du réseau commercial le plus dense de la profession : nous offrons 24
lignes desservant 97 escales par semaine depuis la Chine et
Hong-Kong vers les 5 continents, soit 13 départs par jour, un départ
toutes les 2 heures ! Nous allons continuer de nous développer sur ces
axes majeurs mais aussi, nous l’espérons, sur le trade intra-Asie.
L’Amérique du sud et l’Afrique font aussi partie de vos axes de développement. Comment se traduit cette orientation ?
Jacques
Saadé :Le Groupe CMA CGM considère l’Amérique du Sud comme un axe
stratégique et une zone économique pleine de potentiel,
particulièrement depuis le Brésil qui constitue, c’est évident, un
futur grand dans notre profession. Nous proposons à nos clients x
services depuis et vers cette zone géographique. Depuis 2005, nous
avons renforcé notre desserte du Brésil et de l’Argentine avec le
service SEAS, et lancé ABEX (Americas Bridge Express), reliant la côte
Est des Etats-Unis à la côte Est de l'Amérique du Sud.
De même,
nous avons renforcé notre présence dans les zones Mexique, Amérique
Centrale et Caraïbes avec le service PEX 2. Aujourd’hui, nous lançons
le VASCO Express, un nouveau service hebdomadaire reliant l’Amérique du
Sud, le Golfe Arabe, la Mer Rouge, l’Inde et l’Afrique du Sud. Ce
nouveau service, qui a débuté le 13 février, répond notamment à une
demande du marché réfrigéré, en forte croissance, particulièrement
entre Amérique du Sud et Moyen-Orient. Nous avons aussi récemment lancé
un service dédié au Centre Amérique, le MAYA Express entre la Floride
et l’Amérique Centrale.
En ce qui concerne l’Afrique, nous
venons de réorganiser nos services sur le marché Asie-Afrique de
l’Ouest en pleine croissance, afin d’accompagner la forte demande de
transport liée au boom des exportations chinoises vers ces marchés. CMA
CGM et sa filiale Delmas proposent désormais trois services
hebdomadaires entre les principaux ports africains et asiatiques (AFEX,
WAX et ASAF). Parallèlement, nous consolidons nos réseaux
commerciaux sur toute l’Afrique de l’Ouest.
Avec son
projet d’extension de siège social CMA CGM devient un symbole de la
cité phocéenne. 29 étages, 147 m de haut, un architecte de renom
international : que signifie pour vous ce nouveau projet ?
Jacques
Saadé : Notre futur siège social -prévu pour 2009- est, tout
d’abord, destiné à accompagner le développement de nos activités.
Il permettra de regrouper l’ensemble de nos quelque 1.800
collaborateurs marseillais, aujourd’hui répartis sur une demi-douzaine
de sites. D’autre part, cette tour symbolisera la renaissance de
Marseille à laquelle nous sommes heureux d’avoir contribué. Elle
formera un lien entre le port et la ville.
Ce projet, enfin,
témoigne de la très forte croissance de notre Groupe -aujourd’hui 3ème
mondial- et s’intègre dans notre nouvelle stratégie de développement de
notre patrimoine immobilier.
On vous décrit comme un visionnaire. Comment voyez-vous le développement du trafic maritime via Marseille-Fos dans 15 ans ?
Jacques
Saadé : Le développement du trafic maritime nécessite des
investissements dans les terminaux et l’intégration de toute la chaîne
logistique afin de pouvoir offrir aux clients des solutions maritimes
combinant le ferroviaire, l’aérien, la route et le fluvial.
J’ai
la conviction que la carte que doit jouer le port de Marseille est
celle du développement des trafics Europe-Afrique du Nord en
s’appuyant, en amont, sur le réseau ferroviaire. Les conteneurs venant
par train d’Allemagne, de Belgique et des Pays Bas seront ensuite
transférés par bateau vers le Maghreb. Ce qui représente un gain d’une
semaine sur un transport « tout maritime ». C’est ce que notre filiale
Rail Link développe actuellement.
Rappelons également que le
développement du trafic maritime via Marseille-Fos dépend,
également, de l’aboutissement du projet FOS 2XL dans lequel nous
investissons. Il permettra, à terme, de tripler la capacité actuelle du
terminal à conteneurs.
Le développement du Port de Marseille-Fos passe par ….
- Le développement de son infrastructure, afin de pouvoir recevoir les porte-conteneurs les plus grands
-
Sa capacité à garantir des prestations rapides et fiables ;
c’est-à-dire, manutentionner correctement les navires afin qu’ils
restent le moins longtemps à quai
- Le
développement de sa plateforme intermodale. Marseille a besoin de
s’ouvrir au monde et devra jouer la cigale plutôt que la fourmi
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Plus d'informations :
Jacques Saadé surfe sur la croissance mondiale (Les Echos)
CMA CGM & Jacques Saadé actus (Les Echos)
Jacques Saadé déplore l'instabilité sociale au port de Marseille
Jacques Saade s'intéresse au rail, article intéressant dans Stratégie Logistique, un post sera bientôt consacré aux mix logistique idéal pour les armateurs
Dans l'Expansion, un papier (PDF) sur les hommes d'affaire à Marseille, dont Jacques Saadé , deuxième employeur de la cité phocéenne
La CMA CGM rachète la COMARAV , premier transporteur maritime du Maroc
Des infos également sur le site de la CMA CGM , dont le magazine à télécharger (PDF) avec l'édito de Jacques Saadé en accueil
Des actus marseillaises sur actualites a marseille